ATTENTION POUR PUBLIC AVERTI
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11/
Octobre,…
Depuis ce jour dans le bois j’ai une boule dure dans le ventre comme une douleur sourde qui ne s’éteint pas et dont tu t’attends à ce qu’elle t’explose un jour à la figure. Sauf que cette fois-là, les dégâts seront vraiment importants. J’en fais des cauchemars… souvent, trop souvent.
Je ne comprenais pas ses regards quand nous étions dans la rue. Il émanait comme un flux que je ne saurai expliquer, un flux autour de ce père qui quand j’étais petite me prenait dans ses bras. Depuis quelques temps, je le sens tendu et nos disputes me concernant se sont transformées en altercations. C’est de plus en plus violent.
Ma joue se souvient trop de cette baffe cuisante qu’il m’a mise la fois où je lui avais parlé au sujet de ma scolarité. Je peux encore sentir la chaleur cuisante de sa main, la violence de son geste comme si toute sa rage avait été concentrée dans ce seul geste pour lui donner de l’élan.
J’en viens à me demander si ma mère n’aurait pas subi le même sort ou celui de ce type qui s’est pris une balle dans la tête en forêt…
A part l’énorme tableau trônant dans la grande salle du bas où on se retrouve pour les grandes occasions, je n’ai pour ainsi dire jamais rien trouvé concernant ma mère dans la maison.
Ce type dans le bois… on en parle ?
Qu’avait- t-il pu bien faire pour mériter ce sort ?
Il y avait un garde assez grand, brun ça fait un moment que je ne le vois plus. Lui aussi a- t- il rejoint une parcelle de ce bois où souvent je vois des ossements.
Jusqu’à présent je ne m’étais jamais poser de questions. Vu qu’on y chasse je pensais que c’était les restes d’une carcasse animale qu’un loup aurait mangé ou un animal blessé… Comme généralement les ossements sont à moitié enfouis dans le sol. J’en viens de plus en plus à me poser des questions et ce fait de devoir travailler et assister mon père au bureau me met de plus en plus mal à l’aise. Cette boule dans mon ventre ne cesse de grandir de jour en jour encore un peu plus.
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12/
Novembre, xxx
Il faut que je trouve quelques cachettes supplémentaires dans ma chambre. La porte de ma chambre a une serrure avec une clé mais qu’est-elle devenue, cette clé ?
A qui puis- je demander ? Si je pose la question de front à mon père il va s’imaginer des choses et commencer à fouiner dans ma chambre et j’ai trop peur qu’il trouve mon précieux carnet… qu’il trouve mes secrets les plus intimes et qu’il s’en serve car je suppose que finalement c’est ainsi qu’il agit… insidieusement.
C’est ainsi que ça fonctionne dans son monde. Il manipule les gens et se sert de leurs secrets pour arriver à ses fins et j’imagine que le père de Vincent fait pareil depuis tout ce temps où ils nous rendent visite et se fréquentent. Mon père son mentor… mon père ce menteur…
Et ma nourrice ? tiens, parlons- en. Que dire d’elle?
Ça fait un moment qu’elle est là. Elle est avec moi depuis que je suis petite. Qui est- elle au fond ? faisait-elle partie de ce milieu ?
Serait-ce la fille d’un des sergents de mon père ou du père de Vincent ? je suis de plus en plus méfiante vis-à-vis d’elle aussi. C’est souvent qu’elle débarque là où je m’y attends le moins.
Elle n’a pas de vie ? pas de parent ? de famille ?
Elle est à demeure ici mais je ne l’ai jamais vu avec un petit ami… En a-t-elle-même un ?
Que faisait-elle en dehors de s’occuper de moi ? de nous ? de cette maison ? d’être là et de faire partie de ces murs ?
Il faut que je fasse très attention à ce que je lui dis car ça ne m’étonnerait pas qu’elle rende compte à mon père. Ce ne sont que des soupçons évidemment mais comment pourrais- je vérifier à part me lever la nuit et ‘enquêter’ ? Le lendemain je ne serais pas très fraiche pour aller en cours. Cela dit, je peux feindre que je ne suis pas bien.
Non, je ne suis pas parano ! à peine. J’ai l’impression d’être un hamster en cage qui se fatigue à tourner dans sa roue.
Quant à mon père aussi. Depuis le « départ » de ma mère qui nous aurait abandonné… je ne l’ai jamais vu avec une autre femme. A tout bien y réfléchir aussi est ce que ma mère faisait elle aussi partie d’une famille comme la nôtre ? Peut-on parler de famille dans ce contexte ?
J’imagine qu’on ne mélange pas les torchons et les serviettes. Tout comme les lignées de nobles qui se marient entre eux et parfois font des mariages consanguins pour garder leur héritage, peut- être que cette même tradition est de mise ? Je ne peux même pas faire confiance à Vincent.
Je le connais depuis ma petite enfance si je dois résumer les choses mais il est issu comme moi de « ce milieu ». Je doute que ce soit une bonne idée d’aller lui parler de mes craintes. Même s’il m’a offert tout un tas d’objet comme l’ordinateur portable pour mes études, je ne lui fais pas plus confiance. Il m’a dit que je pourrai m’en servir et stocker sur un cloud… j’y vois juste un moyen de contrôle et de pression car ça ne m’étonnerait pas qu’il puisse avoir accès à tout ce que je fais sur cet ordinateur.
Je suis vraiment toute seule. Je suis seule avec ma peur qui se mue en parano au fil du temps avec cette boule dans mon ventre qui grandit à mesure que je grandis où des situations me donnent envie de vomir mes tripes.
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13/
Les journées, mois et puis les années filaient. Chaque jour, mois ou même année commençaient à se ressembler. Sarah avait pris l’habitude de tout écrire. Le moindre détail y était consigné. Elle avait la photo qui donnait un peu de répit à son cerveau. C4était sa façon de se déconnecter de sa réalité et celles des affaires de son père.
Ils continuaient à voir les Balthuman, les entrevues étaient de plus en plus fréquentes au fur et à mesure que les deux héritiers grandissaient.
novembre, x xx
J’ai l’impression d’être sous haute surveillance ou chaque pas, chaque geste que je fais est épié et rapporté, où tous mes moindres faits, gestes et paroles sont disséqués et analysé afin de s’adapter à une situation à laquelle je dois ensuite m’adapter en retour pour ne pas faire un faux pas car le moindre faux pas peut courir à ma perte.
Je suis constamment obligée de faire attention à mon comportement pour ne pas donner des signaux inquiétants qui pourraient amener mon père à prendre certaines mesures.
Ce que je dis aussi, les mots que j’emploie face à tout le monde sont minutieusement calibrés pour ne pas éveiller les soupçons.
Je suis définitivement seule dans un monde que je ne veux pas, dans lequel je ne me reconnais plus où je ne peux pas être moi- même ce qui signifierait que je deviendrai une cible pour tous ceux qui veulent accéder au pouvoir, détrôner mon père. Je serai une cible pour la police qui n’attend que ça j’imagine pour démembrer l’organisation de mon père.
Depuis que je j’ai mis un pied dans la maison mère, je vois la toile tentaculaire de toutes les entreprises qu’il gère, prises malgré elles dans cette énorme toile comme quantité de moucherons assurant la survie de l’araignée qui les a pris.
Je classe des documents pour me familiariser avec les clients et les fournisseurs mais quand on gratte la surface, on s’aperçoit que les moucherons en question sont aussi bien des entreprises de n’importe quel secteur jusqu’à des gens au statut social plus respectable et haut placé. Même certains personnages célèbres et des gens appartenant à des politiques font partie de ce grand réseau. En fait quand on gratte un tant soit peu, les autres patrons des autres sociétés sont aussi pourris. Remémorez- vous ceci : l’argent n’a pas d’odeur.
Mon père était un homme occupé, qui gérait ses sociétés d’une main de fer. Il avait le bras long, très, trop long et pas mal de gens haut placés lui doivent une faveur. Oui parce que dans ce milieu on parle de faveur ou service.
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14/
Cher journal, je n’ai pas eu le temps de finir l’autre soir…
Pour en revenir à tout cela, tout ce dont je parlais…
Les sociétés se ramifient dans de plus en plus d'affaires illicites au fil des ans : trafic de drogue, blanchiment d'argent, réseaux de prostitution, transactions en tous genres impliquant divers animaux braconnés, ventes de produits de luxe volés, réseaux de combat clandestins. Les activités illégales y était gérée avec beaucoup plus de finesse et d'habileté.
Dernièrement, j’ai découvert qu’il faisait du trafic de jeunes enfants en plus du trafic d’organes. Même dans le médical il a des intérêts. A côté de ça il fait des dons pour la recherche mais ce n’est pas sans contrepartie vous vous en doutez. Cela ne m’étonnerait pas de trouver des traces d’un réseau pédophile.
Je ne pensais pas qu’il y en avait autant et quand je prends le temps d’y penser calmement, je m’aperçois que, où que j’ailles, je quitte une toile pour aller dans une autre.
Je m’aperçois au final que deux personnes ont la main mise sur le pays : mon père et celui de Vincent. Ça ne m’étonnerait même pas de trouver des traces de leur passage dans des pays étrangers.
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15/
Janvier, xxx
Avec le temps, grâce à la photo aussi, j’ai développé un 6e sens.
Je suis constamment surveillée pour ma sécurité. Quelques gardes veillent sur moi mais j’ai toujours cette boule au ventre. Où que j’ailles elle ne me quitte pas. Je me retourne sans arrêt pour regarder derrière moi. Les gardes me disent souvent : ne vous inquiétez pas Mademoiselle Galloway, nous assurons vos arrières mais je ne peux m’empêcher de me retourner pour voir par moi-même et j’aperçois toujours les mêmes menaces, pas les gens extérieurs qui pourraient intenter à ma vie mais les silhouettes des gens qui me sont familières, qui me protègent et qui mettent une sorte d’épée de Damoclès au-dessus de ma tête.
J’en suis venue à vouloir avoir une arme sous mon matelas car la peur ne me quitte plus. Je dors mal la nuit à cause des cauchemars. Mais se procurer une arme sans éveiller les soupçons, encore une chose que je vais devoir apprendre à faire et je ne compte pas m’en procurer une sur un Dark web ou via une recherche internet, ni par l’entremise de Vincent. Tôt ou tard, mon père serait au courant ainsi que Marcus.
Aller dans la cuisine et prendre un couteau à viande ? encore faudrait- il que sa disparition n’éveille pas les soupçons ? c’est mort ! je me demande même si mon père ne ferait pas comptabiliser l’argenterie et surtout tous les objets coupants et dangereux…
Qui pourrait me renseigner ? la nounou ? les cuisiniers ? et ensuite ?
Notre conversation remonterait-elle aux oreilles de mon père ? certainement que oui car il y a toujours un ou deux gardes à ma proximité. Les seuls endroits où je peux être tranquille sont ma chambre, la salle de bain se trouvant dans celle-ci et les toilettes. Si je suis aux toilettes en bas près du grand escalier, tu peux être sûr que deux gardes sont postés pas loin.
La question qui me vient là tout de suite d’ailleurs c’est : quand il embauche des gardes, ils sont tenus par le secret professionnel mais ils doivent faire abstraction des bruits bizarres qu’on est censé entendre quand on surveille une personne se trouvant au cabinet ?
Font-ils aussi un rapport à mon père de tous mes faits et gestes heure par heure, minutes par minutes ?
Cette vie est un enfer et encore là le mot est faible je suis sûre qu’en enfer tu peux être toi-même. Là, ce n’est même pas le cas.
Tiens d’ailleurs ça n’a rien à voir mais souvent mon père glisse un petit papier dans la main de la nounou, nounou que je n’ai d’ailleurs plus besoin mais je suppose qu’elle fait partie des meubles maintenant, après 15-20 ans. S’il fallait qu’elle sorte de nos vies, il faudrait sans aucun doute la tuer car elle en sait trop. Non ?
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