ATTENTION POUR PUBLIC AVERTI
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36/
Quelques semaines, mois suivirent à une vitesse phénoménale. Le temps passe trop vite quand on sait que sa fin est proche. On n’a jamais assez de temps pour tout finaliser. Je préparais mes bagages pour l’Asie. J’avais dit à Vincent devoir régler quelques problèmes avec une usine textile. J’avais donné ma feuille de route. Il était prévu que je fasse la Chine puis le Japon. Je devais être là-bas pour au moins 1 mois. Ça me laissait le temps de voir Yullion et de préparer ma sortie avec l’aide de Nicky.
Quelques semaines en amont, Adam avait parlé à quelques hommes de Vincent. Il avait subtilement amené le sujet de mon assassinat, ou en tout cas l’idée de procéder sur terrain étranger pour n’éveiller aucuns soupçons et être blanchi de toute accusation, ce qui arrangeait fortement les affaires de celui-ci. Vincent demanda à son bras droit, Maros, de contacter Nicky. J’eus des nouvelles tout de suite après la prise de contact dans les jours qui suivirent. Cela s’est passé le mois précédent mon départ.
Mes bagages terminés, je donnais quelques coups de fil et partit pour l’aéroport. Mes hommes m’accompagnaient. Une deuxième voiture nous suivait. C’était Vincent. Il voulait certainement s’assurer que je prenais bien l’avion en direction de ma dernière destination. Il avait eu la décence de venir seul. Quinceton et Tora étaient avec lui.
J’avais demandé à mes hommes de rester. Je ne voulais aucun de mes gardes du corps. Je ne voulais pas qu’ils soient impliqués. J’insistais pour partir seule. Vincent se reposait sur ce que lui avait dit son contact là-bas. Nicky lui avait assuré se charger de tout : ma protection et l’assassinat qu’il ferait passer pour un accident mortel, la belle affaire. Il connaissait du monde dans le milieu et Vincent avait fouillé pour avoir des informations. Tout était sous contrôle.
De mon côté, j’avais constitué tout un dossier et rassemblé tout un tas de papier. J’avais mis du cash, il y avait des livres de comptes et des passeports, les clés de deux coffres dans des banques ne nous appartenant pas. J’avais donné une lettre à Adam à remettre à Quinceton lorsque tout serait terminé. Les garçons devraient faire le reste. J’avoue, c’était un peu un jeu de piste mais je comptais sur Quinceton et ses capacités de romancier à trouver les pièces du puzzle lui permettant de me retrouver.
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Nicky avait missionné un de ses amis pour « jouer » le rôle de tueur. Je n’en savais pas plus sur cet homme. C’était quelqu’un en qui il avait toute confiance. Il me semble que son nom dans le milieu était Mammouth. Quel drôle de nom. Toute l’affaire avait été préparée par ses soins au millimètre comme les cascades dans un film. Je fis un bref passage en Chine pour donner des ordres quant à la production de nos produits. Ensuite je partis pour le Japon.
Là-bas, je profitais de mes derniers instants. Je voyais assidument Yullion qui fut d’une aide précieuse dans notre affaire. Je dû faire passer Nicky chez Yullion pour expliquer les détails du plan prévu. Yullion donna un passe-droit et une entrée vers son monde à Nicky en lui faisant promettre de ne pas en abuser, de n’en parler à personne.
- Considérez ceci comme un sanctuaire, dit Yullion à Nicky. Vous avez l’habitude des monastères dans votre pays, chez moi c’est un peu une sorte de monastère. Un seul faux pas, et j’utiliserai les moyens nécessaires pour vous faire taire.
Nicky n’avait pas répondu, il avait simplement hoché la tête. Il comprenait tout à fait l’enjeu et ne voulais pas risquer sa vie pour si peu ni la vie des gens du pays de son interlocuteur direct. Yullion lui avait fait une petite démonstration qui avait bien traumatisé le nettoyeur qui avait comme une peur panique des choses un moins terre-à-terre on va dire. Puis, après environ deux semaines, tout se passa rapidement.
Nous étions sur la route en bordure de mer sur ce que j’appellerais une rocade. Nous avions la mer en contrebas et une sorte de montagne escarpée à l’opposé. Nous roulions avec Nicky qui conduisait. Nous étions arrivés dans un endroit un peu désert. On aurait dit une sorte de parc avec un étendue d’eau. Une autre voiture arriva. Nous étions sortis et nous nous dirigions dans une sorte de grotte.
Notre voiture explosa. L’ami de Nicky -et je pense que c’était ledit Mammouth- avait tiré avec un fusil muni d’une lunette. Puis une déflagration retentit. Elle était plus explosive. Je pris peur. Nicky me rassura et me dit que c’était pour le spectacle. Il voulait en donner pour son argent à Vincent et puis il m’expliqua que récupérer les morceaux étaient compliqué après un tel accident.
- Ne vous inquiétez pas. C’est Mammouth qui a tiré avec un lance-rocket. Il aime faire sensation. mon amie de la police va bientôt arriver et faire son rapport. On se connait bien, je lui ai déjà expliqué toute l’affaire.
- Très bien, répondis-je et maintenant ?
- C’est le moment de nous dire adieu, répondit Nicky qui me prit dans ses bras.
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Des débris enflammés jonchaient le sol. Une partie de la voiture avait volé en éclat. Des débris avaient été propulsés dans le lac. Il y avait une odeur de plastique brûlé et aussi de chair brûlé. Tout avait été fait pour qu’aucun doute sur mon assassinat puisse éclater. Tout le reste de la voiture brûlait. Les flammes montaient très haut. C’était spectaculaire. Nous étions à l’abri de la chaleur qu’elle dégageait. L’amie de Nicky arriva.
Sur le lac, un portail s’ouvrit et je vis Yullion en sortir. Nicky m’escorta jusqu’à lui et un bruit retentit au loin mais cela ne m’avait pas plus inquiété. Je m’effondrai subitement dans les bras du roi elfe.
Vincent qui avait une confiance limitée, avait missionné un de ses hommes pour me suivre. Il avait suivi tous mes faits et gestes. Il avait d’ailleurs dû faire son rapport journellement à Vincent. Mon mari savait que j’entretenais une relation avec quelqu’un d’autre mais il ne savait pas laquelle exactement. De toute façon, depuis un moment il voulait se dégager de ses responsabilités maritales pour ses maitresses et profiter de la vie.
Son homme de main m’avait tiré dessus. Je ne sais pas à quelle distance il était. Tout ce que je me souviens, c’est d’avoir pris la balle dans le dos et la douleur me cuisait. Je sentis la douleur cuisante de la pénétration de la balle qui tournait dans ma chair pour se frayer un chemin.
Je ne sais pas ce qui s’est passé ensuite. C’était le trou noir. Je pense que Nicky ou son amie inspecteur a arrêté le tueur à gage. J’avoue que maintenant, c’est loin derrière moi.
Tout ce qui va suivre je le sais car c’est Yullion qui me l’a raconté. Je n’ai eu que des bribes de souvenirs et des images résiduelles qui sont restées gravées dans ma mémoire.
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37/
Yullion avait rattrapé Sarah dans ses bras. Il la porta et s’en retourna dans son monde sans un au revoir pour quiconque du monde des mortels comme il l’appelait. Il marcha jusqu’à une sorte de place où passait une rivière. Il posa la femme au sol et apposa sa main dans son dos pour en sortir la balle.
Cette dernière faisait le chemin inverse. La femme était mortellement blessée et inconsciente. Forte heureusement car son cœur n’aurait peut-être pas supporter la douleur quand la balle est ressortie à contre-courant par le côté le plus gros.
La balle avait fait beaucoup de dégâts, les pouvoirs de Yullion n’étaient pas illimités. Il apposa ses mains afin de réparer les dégâts avec sa magie et psalmodia une incantation pour faire venir l’Oracle qui l’aida à secourir la femme blonde qui gisait au sol.
- elle risque de se rappeler tout ceci, dit l’Oracle.
- je sais, dit l’elfe la crinière hirsute. Ce n’est pas une mauvaise chose, on peut cependant atténuer son chagrin. Elle vient de perdre ses deux fils, dit-il à la femme habillée dans une espèce de robe aux couleurs du bois.
Quand on regardait bien la femme, elle était recouverte d’une espèce de manteau qui ressemblait à l’écorce d’un arbre. Elle était de couleur marron avec des touches verdâtres, parsemée de sillons, de crevasses. Quelques minuscules animaux et insectes parcouraient sa robe. Elle portait un chapeau qui ressemblait à une sorte de turban. Des pans entortillés entouraient sa tête. Sur le turban du même tissus que la robe, sortait des branches d’arbre sur lesquelles se trouvaient des petites feuilles vertes. En observant plus cette toque bizarre, on pouvait y voir des pommes. La femme était une sorte de pommier vivant ou en tout cas, un pommier poussait sur sa tête.
- emmenez-la au château. Nous allons la soigner là-bas. Elle a besoin de soin, dit la femme-arbre. Je pars chez moi récupérer des potions et je vous rejoins, ajouta-t-elle.
- parfait dit l’homme.
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Il parla dans sa langue natale et le paysage devant lui vacilla. Il avait ouvert une porte. Il prit délicatement la femme dans ses bras, entra au travers de cette forme qui bougeait entre deux arbres. Puis, il disparut. Le silence régnait aux alentours. Un autre passage s’ouvrit dans une pièce lumineuse.
Il avait traversé une sorte de miroir craquelé. La pièce était très grande, d’aspect rectangulaire et ouverte sur des jardins. D’un côté de la pièce s’étendait une grande cheminée qui était sculptée. De l’autre, se trouvait un grand lit dont les quatre arbres noueux formaient les mats d’un baldaquin végétal. Les ramures qui sortaient des arbres formaient un toit au-dessus du lit. De chaque côté du lit, entre les troncs entrelacés, couraient deux sortes de tringles qui maintenaient des rideaux quasi transparents d’une blancheur immaculée. Ils étaient fins et volatiles et virevoltaient au gré de la brise qui entrait dans la pièce.
Un peu plus loin dans la pièce, se trouvait une petite table et deux chaises en bois. Sur l’une des faces restantes, se trouvait à quelques mètres un imposant bureau de bois brun sculpté lui aussi. Il était envahi d’objet divers, de livres, de papiers et de plumes. Quelques coffrets en bois finement sculpté de façon ajourée étaient aussi posés sur la grande table. Les coffrets ressemblaient à de la dentelle en bois.
A peine sortit de la grande psyché qui était posée dans la pièce à côté d’une colonne, l’homme se dirigea vers le lit pour y déposer délicatement la femme. Il lui retiré ses chaussures dans un premier temps puis lui retira doucement le reste de ses habits. Il se dirigea ensuite vers une console sur laquelle était posé une sorte de cruche, un vase et du linge. Il remplit la bassine et prit le linge propre. Il posa le tout sur le lit, trempa le linge dans l’eau et nettoya la plaie dans le dos de la femme.
L’oracle fit son apparition quelques temps après et lui prodigua des soins. Elle lui posa une sorte d’onguent végétal. L’homme soutint la femme pendant que l’autre femme-arbre bandait le buste de cette dernière afin de maintenir la compresse.
- Il faudra lui changer ses bandages et remettre de la crème, dit la femme.
- Ce sera fait, répondit l’homme. Je m’en chargerai moi-même ajouta-t-il. Combien de temps cela va-t-il durer, demanda-t-il après un moment.
- Quelques jours, répondit la prêtresse. Vous devriez lui donner de la soupe. Il va falloir qu’elle se requinque et prenne des forces, ajouta-t-elle.
- Et pour le reste ? demanda le roi elfe.
- C’est à votre bon vouloir mon seigneur. Vous êtes le roi en votre royaume. Personne ne saurait contredire votre décision, ajouta la femme avant de partir.
- Même les anciens ? ajouta-t-il.
- Vous faites partie de ce cercle. Si vous pensez que c’est elle, votre père et les autres membres du conseil ne vous en tiendront pas rigueur. Tout le monde attend ce moment avec impatience, votre altesse, surtout votre père qui souhaite rejoindre les terres immortelles te vous laisser les pleins pouvoirs.
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38/
Personne n’avait retrouvé le corps dans le lac. L’inspecteur en charge de l’affaire au Japon avait fait en sorte de noyer le poisson. Elle avait fait mettre des scellées du temps de l’enquête pour que personne ne puisse fouiller plus en avant et découvrir quoi que ce soit. Le dossier avait été classé sans suite.
On envoya une copie du rapport à Vincent puisque sa femme était morte à l’étranger et que le corps n’avait pas pu être retrouvé. Le rapport mentionnait qu’au vu de la chaleur, aucun reste n’avait pu être rapporté pour l’enterrement. Il avait reçu une urne ainsi que le dossier avec un courrier du consulat américain basé au Japon ainsi qu’un courrier du ministre de la sécurité.
Une file impressionnante de limousines noires roulaient en direction du cimetière de la ville. Vincent et Quinceton était dans la voiture de tête, Tora et Marcos le bras droit de Vincent étaient assis dans la voiture et faisaient face aux deux autres hommes. Quinceton tenait l’urne contenant les cendres de sa mère. Ses yeux brillaient. Il voulait pleurer mais il savait comment Vincent se conduirait ensuite.
Arrivés au cimetière, tout le monde descendit. L’office fut rapide. Quinceton éparpilla les cendres autour d’un gros chêne. Et tout le monde remonta en voiture en silence. Vincent avait dit quelques mots histoire de donner le change. Tora et Quinceton n’étaient pas dupes.
Le retour fut plus rapide que l’aller. Une réception fut donnée en mémoire de Sarah et en fin de journée tout le monde était parti de la résidence pour vaquer à ses occupations.
Quinceton regagna son appartement. Tora l’accompagnait. Le brun avait allumé une cigarette tandis que Quinceton se tenait devant la baie vitrée à regarder la ville.
- Tu ne devrais pas rester devant cette vitre, avait dit Tora au blond. Tu fais une proie facile.
- Je ne pense pas que quelqu’un me tuera ce soir, répondit Quinceton.
- Tu as vu la figure de Vincent ? demanda Tora au jeune Balthuman.
- Oui, on aurait dit qu’il souriait. Je suis certain qu’il y est pour quelque chose, ajouta le blond.
- Tu devrais aller te coucher, dit le brun.
- Et toi ? tu ne vas pas te coucher ? demanda Quinceton à Tora.
- Non, je n’arriverai pas à dormir après cette journée ; répondit le brun qui prit la manette de la Playstation qu’il avait allumé après sa cigarette.
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Quelques mois après le répandage des cendres de Sarah, un homme se présenta à la porte de l’appartement de Quinceton tard un soir. Tora ouvrit la porte, la cigarette à la bouche.
Il s’adressa à l’homme :
- c’est à quel sujet ?
- je voudrai voir Monsieur Balthuman, dit l’homme.
- il ne peut pas vous recevoir pour le moment, lui dit l’homme aux cheveux longs remontés en chignon.
Tora était un débardeur noir. Il moulait son torse et laissait paraître sa musculature. Il portait un caleçon et avait soufflé la fumée de sa cigarette à l’homme posté dans le couloir.
- Qui est-ce chéri ? demanda Quinceton qui était dans la salle de bain.
- C’est un mec en costard. Il veut te voir. Il a un cartable dans les mains.
- Très bien, j’arrive, avait répondu le blond.
Lorsque Quinceton entra dans la pièce, il était habillé d’un peignoir en soie blanc zébré de noir avec des fleurs de cerisier japonais. Ses cheveux étaient maintenus par un serre-tête rose et il avait étalé une crème sur son visage.
L’homme le regarda puis baissa le regard gêné. C’est la première fois qu’il voyait un homme avec de la crème sur le visage. Ce n’était pas tellement une pratique masculine en tout cas pour sa part.
- Je viens pour vous apporter ceci, dit l’homme qui entra avec sa serviette dans la main. C’est de la part de votre mère. Elle m’a laissé ceci.
Il sortit une enveloppe cachetée de son cartable en cuir noir sous le regard étonné des deux hommes qui l’avait fait entrer.
- Je ne peux pas rester, je pense que je suis sous surveillance de Monsieur Balthuman et j’ai beaucoup à faire.
L’homme se leva en saluant les deux autres hommes et partit de l’appartement. Quinceton et Tora n’entendirent plus parler de lui après cela.
Quinceton ouvrit la lettre et la lu. Tora fit de même par-dessus de l’épaule du blond.
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39/
Il se passa quelques jours. Yullion était aux petits soins, il changeait les bandages et donnait à manger de la soupe à la femme qu’il avait sauvé. Il lui changeait ses habits et passait ses journées et ses nuits à la veiller.
Un jour, Sarah ouvrit les yeux, enfin. Elle avait encore un peu mal dans le dos. La douleur sourde ressemblait plus à une résonnance qu’à une franche douleur. La cicatrice était propre et non infectée.
Lorsque Sarah bougea sur le lit elle fit la grimace.
- La douleur partira avec le temps, dit l’homme qui la regardait de son regard perçant.
- Que s’est-il passé ? demanda Sarah.
- Vous êtes morte aux yeux des vôtres et de votre monde.
Les larmes lui montèrent aux yeux. Yullion se précipita vers elle pour la prendre dans ses bras. Elle pleura à chaude larme pour avoir perdu la vie -elle s’en doutait depuis un moment- mais elle pleura d’avoir perdu son fils et Tora. C’était une peine qui lui arrachait le cœur plus que tout autre chose.
- Je sais que c’est difficile de tout perdre et surtout de perdre un membre cher de sa famille, dit le prince elfe.
- Je suis triste pour mon fils et son ami Tora et à la fois je suis soulagée. Je suis morte pendant combien de temps ? demanda Sarah.
- Pendant quelques heures, répondit l’homme habillé d’une chemise blanche ouverte et d’un pantalon en cuir noir.
- Et maintenant ? demanda Sarah.
- Nous devons vous rebaptiser, dit l’homme. Vous ne faite plus partie de votre monde. Je vous ai rapporté ceci.
Il avait posé une pile de papiers. De loin, cela ressemblait à des papiers gris. Les pages étaient écrites de caractère que l’homme ne maitrisait pas encore. Il avait trouvé la pile de journaux à une des portes qui ouvrait sur le monde des mortels. Il avait été regarder aux autres portes qui ouvraient sur les différents continents. Il y avait trouvé les mêmes piles contenant parfois des livres couleur aux formats qu’il ne connaissait pas. Le papier brillait et paraissait aussi lisse qu’un miroir.
Sarah éplucha le contenu de la pile et lu. Son regard était impassible. Ses yeux se mirent à briller lorsqu’elle vit la photo de Quinceton et Tora. Pour le reste, elle n’eut pas plus de réaction ce qui satisfaisait Yullion.
Elle posa la pile un peu plus loin et s’adressa à l’homme qui l’avait sauvé :
- Maintenant ? que se passe-t-il ? demanda-t-elle.
- Vous allez choisir un nouveau nom pour votre nouvelle vie et vous allez vivre ici, répondit-il.
- Je suis morte en juin, pourquoi pas June, demanda-t-elle.
- June, c’est un très beau prénom pour une nouvelle vie et une souveraine lui dit l’homme.
- J’ai l’impression de vivre un conte de fée, dit Sarah.
- J’espère que votre vie à mes côtés ressemblera au conte de fées que vous souhaitez, ma mie. Puis-je ? demanda l’homme.
Elle fit un signe de la tête. Yullion se rapprocha et l’enlaça. Il rapprocha sa tête doucement de celle de June. Il prit son visage entre les mains et déposa un baiser. Elle l’entoura de ses bras et lui rendit son baiser. Il la serra un peu plus et ils échangèrent leur premier vrai baiser.
Il l’embrasa avec fougue sans retenue. Cela ne dérangea pas Sarah-June qui commençait sa nouvelle vie dans le royaume de Yullion :
La Fairie
(fin)


